ANNONCE

RETISSER IDENTITE ET SENS
Temps et lieu : de la crise en hôpital de jour

La crise, quand elle survient, met à mal les fondamentaux, d’un individu comme d’une structure ou d’une société.

Et, pourtant, la crise, c’est le propre de la vie, la condition de l’adaptabilité. Freud rappelait d’ailleurs que l’homéostasie, c’est l’annonce de la mort psychique. Mais la crise est aussi le moment d’expression des vulnérabilités, individuelles et collectives.
La crise interroge radicalement deux fondamentaux, le temps et le lieu. Temps et lieu se lient afin de garantir l’identité et le sentiment de continuité existentielle dans « l’ici et maintenant » de tout un chacun, de toute structure. Ainsi regardés comme un lieu, pour soi et pour l’autre.
L’identité renvoie au fait que l’on s’inscrive dans le temps et que quelque chose de soi se maintienne, inchangé, au-delà de ce temps qui passe. On peut alors dire « je », ou « nous ». C’est la condition même de ce que Paul Ricoeur appelle l’identité narrative où chaque sujet, chaque structure, s’invente et se construit dans une narration, une parole qui est la condition même du soin en ce sens qu’elle permet une continuité historique, une continuité de sens, la construction d’un concept de soi ou d’une image de soi qui soit tout à la fois identité-idem et identité-ipse.
Mais, pour que le récit s’écrive, il faut un lieu. Et quand la pathologie, la crise, individuelle ou collective, vient introduire une discontinuité existentielle, l’hôpital de jour peut constituer un lieu pour recueillir cette parole, un lieu qui permettra de reprendre le récit de la vie. Du patient comme de l’institution.
Si, historiquement, la temporalité des hôpitaux de jour était celle de la chronicité, elle a rapidement été remise en question par la création du concept d’hospitalisation à temps partiel. Aujourd’hui, avec le primat de « l’activité » et de la « preuve », la temporalité est multiple tout comme les lieux, symboliques ou réels. Et l’on peut se perdre dans ces véritables labyrinthes du temps où patients et équipes ont parfois le sentiment d’être entraînés.
La crise, ainsi, vient poser les questions auxquelles le Centre Neuchâtelois de Psychiatrie vous invite à réfléchir. Quelle est aujourd’hui la mission de ces structures, parmi l’éventail de soins qui y sont proposés ? Peut-on raisonnablement continuer et se contenter de dire que l’hôpital de jour se situe quelque part entre l’intra et l’extra hospitalier ? Entre l’hôpital et l’ambulatoire ? Comment le temps marque-t-il nos soins dans le cadre des hôpitaux de jour ? Sont-ils encore le lieu où se construisent des récits ? Comment concilier réappropriation identitaire (“rétablissement”) et temporalité propre à la maladie et au soin ? Comment nos structures peuvent-elles intégrer la gestion de la crise ?
En 2019, avec vous, nous souhaitons croiser les regards et les expériences de prise en charge dans le cadre des hôpitaux de jour, de la pédopsychiatrie à la psychiatrie de l’âgé en passant par celle de l’adulte. Et nous interroger, ensemble, sur ce qu’il en est des séquences, des crises, des ruptures, des transitions.
Pour redonner un sens à l’histoire de nos patients et de nos structures.

Dr Pedro Planas, Directeur médical

INTERVENANTS

Dr Laurent Holzer, Suisse

Prof. Eric Constant, Belgique

Dresse Amélie Pointurier, Jorge Diaz et Maxime Armand, France.

LIEU DU COLLOQUE

CNP – Centre Neuchâtelois de Psychiatrie
Préfargier
CH-2074 Marin-Epagnier, Suisse